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A Manosque, la jeunesse ne doit pas être punie et la culture ne doit pas trinquer

3 octobre 2026 par
Le Regain Manosquin

Les tensions et les dégradations qui ont marqué cette journée sont regrettables. Mais elles ne doivent pas occulter l’essentiel : derrière les images qui circulent, il y a aussi une jeunesse qui se mobilise pour ses conditions d’études, son avenir et pour défendre un service public d’Éducation nationale qui manque de moyens.

Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’études, le manque de moyens, les classes surchargées et les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Ces revendications ne disparaissent pas parce que des incidents ont eu lieu.

Nous refusons l’amalgame qui consisterait à considérer une génération entière à travers les actes de quelques-uns. 

Une jeunesse qui se mobilise n’est pas une jeunesse à punir. Une jeunesse qui écoute du rap n’est pas une jeunesse à suspecter.

C’est précisément dans ce contexte que les déclarations du maire de Manosque annonçant la remise en cause de concerts gratuits de rap nous inquiètent.

La culture ne peut pas devenir une mesure de représailles.

Les concerts, les festivals et les pratiques culturelles sont aussi des espaces d’émancipation, de rencontre et d’expression. Ils permettent à toutes et tous, quels que soient leurs revenus, leur quartier ou leur âge, d’accéder à la culture et de se retrouver dans l’espace public.

Supprimer ces rendez-vous au motif que certains jeunes ont commis des actes répréhensibles reviendrait à confondre responsabilité individuelle et sanction collective.

Ce serait surtout envoyer un message désastreux : si une partie de la jeunesse dérange, alors on retire à toute la jeunesse les espaces de culture, de rencontre et d’expression. 

Ce n’est pas notre conception de la politique municipale.

Une municipalité doit garantir la sécurité, prendre les mesures nécessaires face aux dégradations et permettre que les faits susceptibles de constituer des infractions soient traités par les services compétents et par la justice.

Mais le rôle d’un maire ne peut pas se résumer à chercher des coupables. Il est aussi d’apaiser, de rassembler et de créer les conditions du dialogue.

Face aux tensions, une municipalité doit être capable de tenir ensemble ces deux exigences : garantir la tranquillité publique et maintenir le dialogue avec sa population, notamment avec sa jeunesse.

Elle doit également continuer à investir dans la jeunesse, dans l’éducation, dans la culture et dans les lieux où les jeunes peuvent se rencontrer et s’exprimer.

Répondre à une mobilisation de la jeunesse par davantage de stigmatisation ne peut constituer une politique pour la jeunesse.

À Manosque, nous avons besoin de plus de culture, plus d’émancipation et plus de considération pour la jeunesse, pas de sanctions collectives.

Nous refusons que les revendications des lycéennes et des lycéens soient réduites aux images de quelques débordements.

Nous refusons également que la culture soit utilisée comme moyen de représailles.

La réponse à une jeunesse qui se mobilise ne peut pas être de lui fermer des portes. 

Elle doit être de l’écouter, de dialoguer avec elle et de chercher à apaiser les tensions.

Le Regain Manosquin, l’association, appelle donc la municipalité à ne pas renoncer aux concerts gratuits et à engager, au contraire, un véritable dialogue avec la jeunesse manosquine.

Parce qu’une ville qui croit en sa jeunesse est une ville qui prépare son avenir.

Le Regain Manosquin, l’association

Le Regain Manosquin 3 octobre 2026
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